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Relactation
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Relactation


N Moulton. Relactation story. Lactnet, 3/03/1998. Garry_Dormody@learnnet.nt.ca


Cette mère avait décidé de ne pas allaiter son bébé (né le 24/12/97), essentiellement en raison des informations que lui avait donné son médecin ; ce dernier lui avait dit qu’elle ne devait pas allaiter, parce qu’elle était séropositive pour l’hépatite C (sans aucun facteur de risque associé). 6 semaines après la naissance, elle a rencontré une consultante en lactation qui lui a appris que l’allaitement n’était pas contre-indiqué dans son cas. Cette mère avait toujours du lait. Elle a immédiatement commencé à mettre
son bébé au sein. La relactation a été étonamment facile et rapide. La mère n’a utilisé aucun médicament, ni aucun gadget d’aucune sorte. Au bout d’une semaine, 50% du lait reçu par l’enfant était du lait maternel, et il a pu rapidement être exclusivement allaité.

La mère était d’autant plus heureuse de pouvoir allaiter que son bébé supportait très mal le lait industriel. Elle est d’origine Inuit, et le fait que le peuple esquimo tolère mal les produits laitiers est connu. L’enfant souffait d’un eczéma sévère, traité sans succès par corticoïdes locaux, ainsi que de troubles digestifs importants ; ces problèmes ont disparu en quelques jours après la reprise de l’allaitement.

Allaitement après un démarrage au biberon


Date: Sun, 31 May 1998 18:00:16 -0500 From: "Barbara Wilson-Clay,BSE,IBCLC"
Subject: non-nursing babies

Cette consultante en lactation recommande de ne jamais décourager une mère qui souhaite essayer de mettre au sein un bébé nourri au biberon depuis sa naissance. Tant que la mère a une bonne sécrétion lactée, l’enfant peut accepter le sein beaucoup plus facilement qu’on pourrait le croire. Il est important de veiller à ce que la position soit aussi bonne que possible.


Cas n°1

Bébé né à terme et par voie basse, avec un poids d’environ 3200g. La mère est primipare, et elle porte des implants mammaires (insertion axillaire). Ses mamelons sont plats et peu élastiques. L’enfant refuse de téter, et elle sort de maternité en tirant son lait et en le donnant au biberon. Elle tire son lait toutes les 3 heures, et obtient 75 à 100 ml de lait à chaque fois. Au bout d’environ 20 jours, elle consulte pour savoir s’il ne serait pas possible de mettre son bébé au sein. Ce dernier a une bonne succion, son
palais est un peu haut ; l’enfant est tonique est sa croissance est très bonne. On a décidé de tenter de le remettre au sein en utilisant un bout de sein, et en veillant tout particulièrement à la position de l’enfant. Ce dernier a accepté de téter avec le bout de sein, et a pris 48 ml de lait en 12 mn. Il a ensuite accepté de prendre l’autre sein, mais l’a lâché au bout de 5 mn, et a refusé de le reprendre. On lui a alors donné environ 30 ml de lait au biberon. 2 jours plus tard, l’enfant tétait régulièrement avec le bout de sein, et il avait pris 60 g. Il a donc été décidé avec la mère de continuer à le mettre au sein en supprimant très progressivement les bouts de sein ; la mère tirerait son lait après les tétées si elle avait l’impression que son bébé n’avait pas « vidé » normalement les seins ; l’enfant allait être suivi très régulièrement jusqu’à résolution totale du problème.


Cas n°2

Cet enfant est né prématurément par césarienne, avec un poids de naissance de 1880 g. La mère était primipares ; le post-partum a été compliqué par la survenue d’une infection de l’incision, ayant nécessité un traitement antibiotique. Elle avait les mamelons rétractés. Le bébé a refusé de prendre le sein, et a été nourri au biberon avec le lait de sa mère. Cette dernière est venue voir une consultante en lactation avec son bébé de 5 semaines pour « une dernière tentative de mise au sein ». L’enfant pesait alors 3240 g, et était très agité tant pendant les tentatives de mise au sein que pendant la prise du biberon. Il a été possible de le mettre au sein pendant quelques minutes, en utilisant des bouts de sein et un DAL. La consultante en lactation a conseillé à la mère de consulter à la recherche d’un problème à la base de l’agitation de l’enfant pendant les repas. Le TOGD au baryum a montré un reflux modéré, pour lequel un traitement a été prescrit.

La consultante en lactation a revu la mère et l’enfant 7 jours après la première visite. La mère n’utilisait plus le DAL, mais continuait à mettre les bouts de sein. L’enfant était exclusivement nourri au sein de sa mère depuis 2 jours, et il avait pris en moyenne 40 g/jour pendant la semaine. La mère met son enfant au sein plus souvent qu’elle ne lui donnait les biberons auparavant, et, avec le traitement, l’enfant est beaucoup plus calme pendant les tétées qui sont devenues agréables.

Relactation
Relactation chez la mère d’un prématuré

Relactation in a newborn intensive care setting. NM Thompson. JHL 12(3), 233-35, 1996.

La relactation est la remise en route d’une lactation après un sevrage spontané ou provoqué. Cette situation peut se rencontrer lorsque la mère a sevré précocément ou n’a pas essayé d’allaiter après la naissance de son enfant. Le cas présenté ici est celui de la relactation chez une mère ayant accouché prématurément.
L’enfant est né à 29 semaines, avec un poids de 1390 g, et un Apgar de 6 à 1 mn, et de 8 à 5 mn. La mère avait présenté un diabète et une hypertension pendant la grossesse, et le travail a été déclenché prématurément en raison de ces problèmes. A la naissance, l’enfant était hypoxique, et il a été placé sous assistance respiratoire pendant 2 jours. On a proposé à la mère de tirer son lait, mais elle a refusé car elle pensait que cela lui prendrait trop de temps. Une alimentation entérale a été mise en place à J3 avec du lait industriel, jusqu’à apparition d’un entérocolite ulcéro-nécrosante à J25. La mère s’est alors intéressée à la possibilité d’une relactation. Près d’un mois s’était écoulé depuis l’accouchement. La consultante en lactation à qui elle s’est adressée pour
avoir des conseils lui a dit qu’une relactation était possible mais que ce n’était pas chose facile. L’enfant était traité par antibiotiques, réhydratation en IV, oxygénothérapie et décompression gastrique. Il souffrait aussi de reflux oesophagien et de retard de la vidange gastrique. Le reflux est fréquent, même chez les enfants à terme chez qui il peut être considéré comme physiologique pendant les 6 à 7 premières semaines ; il est considéré comme pathologique s’il perdure plus longtemps (environ 1 cas sur 500), et sera traité par médicaments et postures anti-reflux. Le retard à la vidange gastrique est dû à l’immaturité du péristaltisme pendant les premières semaines, et du manque de coordination entre ce péristaltisme et l’ouverture du pylore.
Lorsque la mère a tiré son lait pour la première fois à l’aide d’un tire-lait électrique pouvant exprimer le lait des deux seins en même temps, elle a obtenu 10 ml de lait, ce qui était très encourageant étant donné les circonstances. Elle a continué à tirer son lait toutes les 2 heures, en obtenant 20 ml de lait à chaque fois. Elle veillait à avoir une alimentation de bonne qualité. Au départ, elle hésitait à utiliser la méthode kangourou pour porter son bébé contre sa peau, car elle avait peur de faire mal à son bébé, mais avec des encouragements et de l’aide, elle est rapidement devenue experte, et gardait son bébé contre sa poitrine pendant 30 à 60 mn deux fois par jour. Cela l’a aidé à tirer de plus en plus de lait, et habituait en outre son bébé à l’odeur de sa peau et de son lait. Après quelques jours de traitement, l’alimentation orale a été reprise progressivement avec du lait maternel. L’enrichissement du lait maternel n’était pas nécessaire. Le lait maternel était bien toléré par l’enfant, et sa vidange gastrique s’est nettement améliorée. Les mises au sein ont débuté deux semaines avant la date prévue pour la sortie du service. Le bébé était âgé de 49 jours. Au moment de cette sortie (J63), la mère tirait environ 1 litre de lait par jour, ce qui était amplement suffisant pour couvrir les besoins du bébé. La mère a allaité son enfant jusqu’à environ 1 an. Les enfants qui présentent une EUN sont quasiment toujours nourris au lait industriel. Cette pathologie est exceptionnelle chez les enfants nourris au lait humain. La relactation est une possibilité à considérer pour des mères qui, au départ, ne souhaitaient pas allaiter et qui changent d’avis, souvent en raison de la santé de leur enfant. Les femmes qui décident de relacter auront besoin d’être soutenues, informées, et de bénéficier d’un matériel d’aussi bonne qualité que possible.

www.lllfrance.org


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